La nuit a été longue d’errance. Je cherche un homme. C’est un tueur. Je ne sais pas pourquoi il tue. Je crois qu’il aime ça, tout simplement. Je crois qu’il assassine au hasard. Tout le temps des femmes, parce qu’elles meurent en douceur, parce qu’elles meurent en beauté.
Je l’ai vu cette nuit. Je sais à quoi il ressemble. Je sens que je dois le retrouver. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être pour le remercier. Grâce à lui, comme grâce à tant d’autres, je peux écrire.
Cette femme, c’est un peu comme si elle était morte pour moi, pour mon oeuvre. De toute manière, il lui fallait bien une raison de mourir. Il n’y en avait aucune. Sauf pour moi. Sa mort me sert. Son assassin me sert. Ils sont des chapitres de mon histoire, la part de réel de mes poèmes.
Je cherche un tueur parce qu’il fait partie du 1er chapitre de mon histoire. J’ai besoin de lui pour terminer mon livre. Toutes les morts qu’il laissera derrière lui ne seront que des évènements, de simples évènements.
Où est-il ? Que fait-il ? Qui traque t’il ?
Une main s’est avancée vers le magnéto et l’a éteint. Le silence s’est installé. Seule une respiration habitait la pièce. Il a repoussé la chaise sur laquelle il était assis et s’est levé. Devant lui, une immense fenêtre. La ville noire s’étalait, remplie d’angles morts, de cages vides et de pentes brutales. Le sol était invisible, couvert d’immondices. Par endroit, de grandes taches grisâtres. C’est de la flotte. Elle est putride.
Un rat, qui courait sur une canalisation, dérapa, lâcha prise, vola devant la fenêtre et couru s’écraser sur le sol. Il craqua. Quelque chose remua tout en bas. Les ordures ondulaient. Quelque chose avançait vers le rat. Soudain, une main d’outre tombe jaillit des ordure et se saisit du cadavre.
Le sol au pied de la tour s’était mis à bouger. Il regardait. La main verte était rentrée sous terre. Il entendait. Quelque chose mâchait.
Un « homme d’en bas » ! J’ai déjà vu des morceaux de leur chair verdâtre traîner dans les ordures. Aujourd’hui, c’est une main. Hier, c’était un moignon atrophié. Quand ils sont là, les ordures se soulèvent. Les détritus roulent vaguement sur les côtés. Ça fait du roulis. Il y a du mouvement sous nos déchets…
lundi 5 mars 2007
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3. Intervalle
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