lundi 5 mars 2007

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1. Au tout début

Je suis le vampire des autres. Je suce les esprits jusqu’à la moelle de leur crâne. Je vole les idées. C’est nécessaire. Sans eux, je ne suis plus rien, je meurs… J’ai besoin d’eux et de leur vie. Sans eux, je ne suis plus rien, je suis vide… incroyablement vide, vide…

La voix du magnétophone devint inaudible. Elle grésillait, crissait dans la pièce. Tout semblait vibrer. C’est insupportable. Une ombre accroupie pourtant restait fixe. Il faisait sombre, presque noir. Impossible de distinguer à quoi elle ressemblait. La pièce semblait se rétrécir autour de l’ombre. Tout autour d’elle bougeait, s’ébranlait, bringuebalait. Les lignes devenaient courbes. Les angles des meubles s’arrondissaient.

Les murs, les choses étaient comme attirées par l’ombre. Elle absorbait l’univers de la pièce. L’armoire s’était collée aux limites de son corps. La chaise s’était enroulée autour de son bras. Seul le magnétophone n’avait pas bougé.

Tout d’un coup l’ombre se redressa, et hurla. Le cri était profond, violent. Il déchira la pièce. La chaise fut projetée à sa place initiale. L’armoire récupéra ses angles et ses lignes droites.

La voix du magnétophone s’était éteinte. L’air était pesant, étouffant, silencieux. C’est étrange. L’ombre avait dégueulé dans son cri un amas de lettres. Sans bruit, les lettres s’agençaient et devenaient des mots, les mots devenaient des phrases, les phrases s’organisèrent et racontèrent une histoire.

Les phrases dansaient autour de l’ombre. Charmeuse de lettres, elle dirigeait la danse. La farandole hypnotique tournait …

Venant de loin, une voix se mit à lire, à raconter les mots. Ce n’était pas la voix du magnétophone. Le timbre de la voix était étrange, métallique, une voix d’automate, une voix de rêve…

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